Diversifier les perspectives

Trop de distance et trop de proximité empêche la vue.

Pascal

L’« actuel » est équivoque. Il faut, pour l’appréhender, pour le reconnaître en vérité, s’efforcer de l’approcher seulement. Ainsi, de l’écume presque aussitôt dissipée du présent, de la contemporanéité apparente d’un “intéressant” éphémère, devrait être distinguée un contemporain dépassant tout ce qui passe.

Car la proximité n’est pas sans quelque distance qui la sauvegarde ; une distance, sans l’angle de vue qui la justifie ; un angle, sans l’ouverture qu’un regard détermine.

D’où, « Approches ».

À un pluralisme d’affichage nous préfèrerons la pluralité de fait de regards qu’une prédilection, une vocation, ont dirigés vers quelque territoire devenu leur ; la rencontre critique de singularités éprouvant à un titre ou à un autre l’exigence d’écrire, pour voir de plus près ce qui, pris dans le flot de « l’universel reportage », risque de s’y abymer.

Sauvegarder la pluralité, c’est aussi s’adresser à la lectrice et au lecteur comme à « quelqu’un qui sait choisir ses compagnons parmi les hommes, les choses, les pensées, dans le présent comme dans le passé », selon l’heureuse formule par laquelle Arendt caractérisait la personne cultivée telle que les Romains l’entendaient. Le portrait ne pourrait-il valoir, d’ailleurs, aussi bien pour « l’honnête homme » que pour le spécialiste d’un domaine du savoir ou pour l’érudit ?

À une revue de littérature et de sciences humaines, soucieuse d’ouverture et de qualité, d’approcher les uns comme les autres.

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