Le revue Approches vous propose de lire les premières lignes des textes des auteurs qui ont contribué au numéro 191, Migrations

Chaque extrait est proposé à la vente dans sa version intégrale au format numérique.
Migrations : extraits d‘articles

Extrait du texte
Sylvie Mazzella et Bernard Mossé

De l’hospitalité

Sylvie Mazzella et Bernard Mossé*

Le principe d’hospitalité, universellement promu par la totalité des cultures, est aujourd’hui largement relégué derrière les préoccupations du contrôle de l’immigration, très présentes dans le débat public, en France, en Europe comme dans de nombreuses régions du monde. Elles correspondent à une époque qui voit s’accélérer la mondialisation de la circulation des biens et de l’argent, dans une logique libérale, en même temps que le retour de politiques protectionnistes qu’a précédé le contrôle accru des personnes aux frontières, sous la poussée des idéologies nationalistes et des replis identitaires, eux-mêmes sources de tensions et de guerres.
Mais de qui parle-t-on ? Même si le nombre de migrants dans le monde a doublé en 30 ans et s’est diversifié, concernant aujourd’hui autant de femmes que d’hommes, de toutes classes sociales et d’âge (y compris des mineurs non accompagnés), ils ne représentent aujourd’hui que 4 % de la population mondiale (sur 8,2 milliards), suivant la statistique internationale des Nations unies. Soit 325 millions de migrants internationaux qui résident dans un pays autre que celui de leur naissance depuis au moins un an, pour tous motifs et tous statuts confondus. Les migrations intracontinentales représentent la moitié des migrations internationales, et dans le continent africain ou européen ces mouvements atteignent près de 80 %.


Extrait du texte
de
Wissal Fartit*

La Nostalgie comme refuge dans Petit Pays de Gaël Faye : entre douceur de l’enfance et violence de l’immigration

Wissal Fartit*

Le déracinement et la perte liés à l’expérience de l’exil, confronte l’individu à une fragmentation profonde de son identité. Suite à cette douleur, la nostalgie émerge non pas comme un simple sentiment de mélancolie mais comme une force psychologique complexe dont le but est d’apaiser le sentiment d’étrangeté causé par l’exil. Notre problématique se focalisera sur l’exploitation de la nostalgie, traditionnellement perçue comme un sentiment de mélancolie et de repli, et sur la manière dont elle peut devenir un moteur de résilience et de création face à l’expérience de l’exil dans Petit pays de Gaël Faye. C’est précisément cette seconde voie qu’explore cet article en offrant une réflexion nuancée sur la mémoire et l’identité à travers le parcours de Gabriel, jeune garçon arraché à son Burundi natal par la guerre. L’œuvre révèle comment la nostalgie se mue en un processus dynamique et sensoriel qui, loin de se limiter à la contemplation d’un monde perdu, permet de le réinventer. Cet article propose d’analyser comment Petit Pays présente la nostalgie non pas comme un fardeau paralysant mais plutôt comme une stratégie de survie et comme espace de création. Deux axes feront l’objet de notre analyse : nous montrerons d’abord comment le narrateur, en s’engageant dans une nostalgie réflexive, se réapproprie son histoire à travers les sens qui agissent comme de puissants passeurs de mémoire pour réactualiser le passé.


Extrait du texte de
Emmanuel Porché

Migrations climatiques et environnementales :
une introduction

Emmanuel Porché

Immortalisés par les photographies devenues iconiques de Dorothea Lange ou par le roman de John Steinbeck Les raisins de la colère, paru en 1939, nous pouvons considérer les personnes – principalement des familles d’agriculteurs – originaires de l’ouest des Grandes Plaines (Oklahoma et Texas principalement, mais aussi certaines portions du Kansas jusqu’au Montana) qui ont migré durant les années 1930 vers la Californie. Elles ont été les victimes du phénomène de « dust bowl » (soit des tempêtes de poussières²) associé à une sécheresse exceptionnelle qui a caractérisé la période entre 1929 et 1938. Même si les historiens manquent de chiffres précis, il est estimé que 2,5 millions de personnes ont quitté les États affectés par les « dust bowls », dont 300 à 400 000 en direction de la Californie³.
L’exemple de ce déplacement durant les années 1930 aux États-Unis est intéressant pour plusieurs raisons car il prouve que :

– Les migrations climatiques et/ou environnementales ne datent pas d’aujourd’hui mais que des exemples existent dans le passé ;

– Ces migrations ne concernent pas que les États en développement ou pauvres mais qu’elles concernent (et concerneront) également les États les plus riches et avancés ;

– La majorité de ces migrations sont internes et ne traversent que rarement les frontières.

Pourtant, des précisions concernant le vocabulaire s’avèrent nécessaires.


Extrait du texte de
Leidy Jalk Barrios

L’Art comme lieu de séjour et d’accueil. Pratiquer le dessin avec des personnes migrantes pour transformer les lieux en milieux

Leidy Jalk Barrios

Penser l’accueil de migrants invite à prendre en compte non seulement la complexité des politiques des pays recevant les nouveaux arrivants sur leur territoire, mais également les nouvelles relations qui se créent entre eux, avec d’autres personnes et avec les nouveaux espaces habités. En m’appuyant sur un travail de terrain, commencé en 2015 à Calais, poursuivi entre 2017 et 2023 dans le cadre de ma thèse « Poétique de l’accueil et partage des savoirs à travers les récits dessinés des migrants : vers une hospitalité artistique ? », j’ai pu repenser les notions d’accueil et d’hospitalité en participant d’abord aux actions menées par le réseau associatif existant, puis en mettant en place un atelier de dessin nomade qui m’a permis de mobiliser une « attention poétique » comme la définit Jean Onimus : « … C’est une expérience directe du réel, sans recherche d’explications ou d’utilisation, un regard pur, désintéressé mais passionné : on ne cherche pas à comprendre, mais à ressentir. Ce n’est pas une réflexion, mais un accueil actif¹. » Les espaces de nos rencontres, transformés par diverses pratiques, rendent compte des relations et permettent de découvrir les savoir-faire des personnes en exil, leur singularité, tout en développant l’accueil réciproque qui font de ces lieux des « milieux humains² ».


Extrait du texte de
Younes Laattari

Exil intérieur et poésie de l’absence : la représentation poétique de l’immigration dans Nostalghia d’Andreï Tarkovski

Younes Laattari*

L’exil est un thème universel, souvent exploré au cinéma sous l’angle de la réalité sociale et des défis de l’intégration. Cependant, le cinéaste russe Andreï Tarkovski choisit une voie radicalement différente dans son œuvre de 1983, Nostalghia. Plutôt que de s’arrêter sur les frontières géographiques, il nous invite à plonger dans les profondeurs d’une expérience intime et métaphysique. Le film ne raconte pas un simple voyage ; il dépeint une quête intérieure, où le déracinement devient moins une situation qu’une condition existentielle, une « maladie de l’âme » qui s’installe au cœur du protagoniste, Andrei Gorchakov.
Cet article se propose d’explorer comment Tarkovski, par une esthétique singulière, transforme le sujet de l’immigration en une poésie visuelle de l’absence et de la mémoire. Nous analyserons comment le cinéaste utilise le personnage d’Andrei pour mettre en scène une fracture psychologique et une aliénation profonde, révélant une errance intérieure qui va bien au-delà de ses déplacements en Italie. Nous verrons que cette errance n’est pas une progression, mais une confrontation avec le vide, une lutte désespérée pour retrouver un sens et une appartenance perdus.


Extrait du texte de
HU Yue*

Objet en migration : une étude en esthétique sociale

HU Yue*

« You weren’t listening to my disjointed, breathless, disorganised phrases, which fell from me and scattered in every direction on the floor while I futilely tried to gather them and put them in order. »
– Huzama Habayeb, Before the Queen Falls Asleep (2024)

Dans des moments difficiles d’exil, refoulés derrière un silence ou un désordre où tout effort de verbalisation semble échoué ou dissimulé dans des gestes répétitifs, dans le train-train de la vie quotidienne, les objets, avec toutes leurs qualités sensibles, leur puissance évocatrice de souvenirs et leur charge affective, semblent parfois devenir les derniers recours. Notre article, partant de cette hypothèse, entend mettre en perspective deux sujets rarement associés ensemble : un type de migration traversé de traumas, d’exils, de crises identitaires d’un côté, et de l’autre, l’objet en toute sa matérialité, ses qualités sensibles perçues, ressenties et mobilisées par la personne vivant ce genre de migration douloureuse.

L’« esthétique sociale » : le sensible et l’approche constructiviste

Mettre l’objet au centre de l’analyse signifie aussi le situer dans un ensemble de relations sociales qu’une personne établit à travers ou par cet objet, par la projection des relations vécues ou par une réinvention de nouvelles relations. Empruntant principalement aux travaux de Georg Simmel et de Barbara Carnevali, cet article explore l’approche de l’« esthétique sociale ». Par l’« esthétique sociale », un terme utilisé avec beaucoup d’ambiguïtés et qui nécessite plus de débats et de définitions, nous nous intéressons aux rapports entre le sensible et le social, avec une attention particulière portée aux effets du sensible sur le social.


Extrait du texte de
Sylvie Peyturaux

Troublants voyages

Sylvie Peyturaux

« Tu connais cette maladie fiévreuse qui s’empare de nous dans les froides misères, cette nostalgie du pays qu’on ignore, cette angoisse de la curiosité¹ ? »
Mardi 15 juillet 2025. Comme beaucoup d’entre nous, tous ceux qui le peuvent, je m’apprête à rejoindre ma villégiature estivale, au loin, plein sud… Lieu connu depuis l’enfance, long voyage, par l’A6, puis l’A7, puis l’A51 ; dix heures de conduite machinale qui laisse toutefois l’esprit libre pour la réflexion, le rêve, l’anticipation, la remémoration… La durée du voyage s’efface, à l’arrivée sa temporalité sera celle de cette tranche de vie intérieure, nous serons plus riches de ce vécu singulier.
Mais pourquoi partir ? Qui se pose réellement la question lorsqu’il organise ses vacances parfois des mois auparavant ? Il y a sans doute mille raisons : le besoin d’évasion, de découverte, la curiosité, l’intérêt pour un pays, une ville, une culture, issu de nos lectures ou du cinéma ; casser la monotonie, fuir l’ennui de la vie routinière qui est celle de la plupart d’entre nous. Pourtant, à moins d’être un « aventurier de l’extrême », ainsi qu’on les nomme, ou un « touriste », dans le vrai et noble sens du terme, force est de constater que, sur place, c’est une autre routine qui s’installe, comme si chacun partait non seulement avec lui-même – c’est là un lieu commun, mais encore avec ses habitudes, ses préjugés ; comme si on voyageait finalement pour ne pas sortir de « chez soi ».


Culture / Livres

Extrait du texte de
Jean-François Campario

Jacqueline Colde, photographe –
La double présence en partage

Jean-François Campario

Parue en 2023, cette sélection des photographies et portraits que
Jacqueline Colde rapporta à grandes brassées de ses campagnes
en Amérique latine, par un heureux hasard de l’objectif, répond
subtilement au thème du présent dossier : Migrations ; elle vient le compléter à la manière de la micro-histoire, puisqu’il s’agit d’une pérégrination en images entre les « deux bords » – esthétique, socioethnologique et personnelle à la fois. Le projet du livre résulte de plusieurs rencontres : soucieuse de fonder solidement ses prises de vues, la photographe se livrant à une recherche généalogique autant qu’historique sur les lieux d’origine des trois colonies que lui impose le hasard, a décidé de léguer ses dossiers et clichés aux trois ensembles muséographiques qui en ont collecté les traces pour en interroger désormais la mémoire vive = Champlitte, Barcelonnette, Espalion. Ces pôles français sont en relation étroite (de jumelage
ou d’échanges culturels) avec leurs homologues latino-américains = Association Haute-Saône/México (1986-88) et Amigos del Museo de San Rafael, Ver., « Encuentro de las culturas » (fondé en 2007) ; Association Raices Franceses en México (2003) ; Association Rouergue-Piguë (1984) et Museo de Historia de Mendoza. L’album, splendide, classique par le choix du Noir et Blanc, confronte le lecteur à ces « cousins » lointains, saisis dans l’instantanéité de leur vie quotidienne, professionnelle, familiale surtout.


Extrait du texte de
Philippe Reliquet

Michel Leiris : de L’Afrique fantôme à la restitution des objets d’art africains

Philippe Reliquet*

De mai 1931 à janvier 1933, une « mission » ethnologique traverse l’Afrique d’Est en Ouest, de Dakar à Djibouti. C’est une expédition sans guère de précédents (on peut citer la croisière noire Citroën en 1924), qui ouvre la voie à la recherche ethnologique, à l’étude de peuples encore peu ou non touchés par la colonisation, à la collecte d’objets usuels ou sacrés encore peu connus et menacés de disparition. Elle a fait l’objet d’un important débat et de publicité en France, a été soutenue par mécènes et personnalités influentes, a fait l’objet d’un vote et de subventions accordées par les deux chambres du Parlement. Au retour, exposition au musée ethnologique qui deviendra le musée de l’Homme, publications, recherches, font de cette expédition et de ses conséquences un événement majeur dans la connaissance de l’Afrique d’alors.

La mission est conduite par l’ethnologue Marc Griaule, composée d’une douzaine de spécialistes, photographe, cameraman, musicologue, linguiste, même en deuxième partie de mission artiste peintre, autres ethnologues, et d’un secrétaire-archiviste âgé de trente ans au départ, Michel Leiris. Le futur auteur de L’Âge d’Homme, en quête d’une expérience qui lui permettrait de mieux connaître sa propre personnalité en observant et étudiant celle des autres, en particulier dans leur dimension inconsciente, cachée, peut-être plus significative chez des peuples plus proches des émotions et des sensations les moins altérées par techniques et acculturations successives, est un scripteur consciencieux, minutieux, qui jour après jour relate faits du voyage, incidents, mais surtout contacts, interrogations, récolte d’objets, d’informations, de réflexions.


Extrait du texte de
Philippe Reliquet

François Truffaut : Correspondance avec des cinéastes 1954-1984

Gallimard, 2025

Philippe Reliquet

Où en est le cercle des Truffaut-philes, quarante ans après sa mort ? S’élargit-il ou rétrécit-il ? Un article récent du Monde (daté du 20 août 2025, signé Samuel Blumenfeld), évoquant sa relation avec Isabelle Adjani, la fascination qu’elle exerça sur lui au moment de la réalisation de Adèle H, ses tentatives de séduction et leur insuccès, laisse penser qu’un public est toujours attentif à toute production rappelant l’intensité et la virtuosité du réalisateur disparu à l’âge de cinquante-quatre ans.
Intensité incroyable de sa passion du cinéma, née on le sait dans la fréquentation parfois en situation buissonnière de l’écolier Truffaut, pendant la guerre, qui revoit déjà plusieurs fois les mêmes films, en découvre très jeune certains (Paradis perdu d’Abel Gance, Les Visiteurs du soir de Marcel Carné, Le Corbeau d’Henri-Georges Clouzot), s’enthousiasme après la guerre pour les films américains (Citizen Kane d’Orson Welles), crée à seize ans un ciné-club, est très jeune critique, virulent et passionné aux Cahiers du Cinéma, avant d’être le réalisateur des vingt-deux films que l’on connaît.
Virtuosité aussi non seulement de son œuvre cinématographique, mais aussi de son écriture, lui qui très tôt se serait aussi voulu romancier, dévoreur de livres, critique, interviewer, auteur de préfaces, et aussi d’une considérable correspondance, publiée sous diverses formes, et maintenant par tri en fonction des destinataires – les cinéastes après les écrivains –, présentation effectuée par Bernard Bastide.


Culture / Cinéma

Extrait du texte de
Anne-Marie Baron*

Adapter L’Étranger d’Albert Camus. Une gageure réussie

Anne-Marie Baron*

Le film de la rentrée, c’est L’Étranger de François Ozon d’après Camus. Son succès va être à la mesure du best-seller qui l’a inspiré, troisième livre le plus lu au monde après Le Petit Prince et Vingt mille lieues sous les mers.
Avec un film écrit et produit par an, François Ozon, spécialiste des adaptations de pièces de théâtre, d’autres films, amateur du pastiche et du kitsch, est un habitué des grands festivals internationaux où il est régulièrement récompensé. La variété de ses thèmes n’a d’égale que l’inventivité de leur traitement. Mais si ce touche-à-tout m’avait amusée ou intéressée, si j’ai apprécié son humour, je ne l’avais jamais, jusqu’à présent, trouvé vraiment brillant. Quelle audace de sa part, me suis-je donc dit, de s’attaquer à L’Étranger d’Albert Camus ! Ce premier roman si fort, si lisse, si parfait, nous a tous un jour sidérés par la simplicité de son intrigue, l’indifférence de son anti-héros, la distance qu’il maintient entre les événements et ses sentiments et la voix blanche du narrateur autofictionnel qui fait de ce texte un classique absolu, en inventant un point de vue narratif exclusif destiné à influencer toute la littérature qui a suivi.
Même Luchino Visconti, choisi par la veuve de Camus après Renoir, indisponible, s’y était cassé les dents ! Alors que Marcello Mastroianni, libre à la suite de l’ajournement du tournage du Voyage de G. Mastorna de Federico Fellini, incarnait Meursault, ayant financé lui-même une partie de cette production franco-italienne, sortie en 1967. Adaptation pleine de charme, quoique jugée médiocre dans l’ensemble pour son manque d’audace.


Extrait du texte de
Mélanie Gaudry

Un cœur en hiver de Claude Sautet : À la recherche du sentiment perdu

Mélanie Gaudry*

Indissociable du cinéma de Claude Sautet, la figure du trio permet au cinéaste d’explorer la complexité du sentiment amoureux. Dans Un cœur en hiver (1992), pénultième film du réalisateur, son regard en la matière se fait plus pessimiste. Vingt ans après César et Rosalie, les relations triangulaires ne sont plus un choix scénaristique visant à mettre en exergue les hésitations ou les désengagements des personnages, mais le point de départ d’une tragédie humaine. Et pour cause, la vanité intellectuelle de Stéphane (Daniel Auteuil) l’empêche de s’abaisser à ressentir un banal intérêt amoureux. Pourtant, dès sa rencontre avec Camille (Emmanuelle Béart), compagne de son associé Maxime (André Dussollier), il n’aura qu’une obsession : la séduire. Comme il l’avouera lui-même, ce sera « par jeu » et non par attirance qu’il fera sa conquête, afin de supplanter symboliquement celui qu’il considère comme son rival.

Inspiré du héros de Mikhaïl Lermontov, Petchorine, personnage principal d’Un héros de notre temps (1840)¹, Stéphane incarne une satire du manipulateur sentimental prisé par Claude Sautet, un anti-héros dont la violence se révèle d’autant plus féroce qu’elle n’est entravée par aucune barrière morale.

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