À l’heure où la frontière entre le vrai et le faux vacille, philosophes, écrivains et critiques interrogent, dans son nouveau numéro APPROCHES, la vérité comme exigence intellectuelle, politique, littéraire.

Avec les contribution de Gilles D. Perez, Éric Benoit, Charles Garatynski, Christian Cavaillé, Déborah Winterstein-Graciani, Maria Ibrahim, Anne-Marie Baron, Jérôme Constantin et Sylvie Peyturaux.

Faire de la présentation d’une certaine image
la base de toute une politique – chercher non pas la conquête
du monde, mais à l’emporter dans une bataille dont l’enjeu
est « l’esprit des gens » – voilà bien quelque chose de nouveau
dans cet immense amas de folies huma
Hannah Arendt

« Post-Vérité ». Si l’expression s’est banalisée depuis quelques années, elle ne laisse toutefois pas de susciter interrogation. Que pourrait-il bien y avoir « après » la vérité ? La réponse est simple, il suffit d’observer : mensonge, propagande, rumeur, fake news, désinformation, « faits alternatifs », complotisme… Rien d’inédit au fond, mais les nouvelles technologies, dont l’intérêt est par ailleurs évident, ont donné à ces phénomènes une ampleur et une puissance sans précédent, discréditant la parole de l’expert, le scientifique, le journaliste, brouillant la frontière du vrai et du faux, du réel et de l’illusion, du fait et du fantasme.

Cependant, nous avons appris au fil du temps que « LA » Vérité, absolue, éternelle, immuable n’existe pas ; que les faits, pour être incontestables, doivent être établis par la preuve, quelle qu’en soit la nature. Heureuse prise de conscience qui préserve du dogmatisme, du fanatisme qui se greffe aisément sur lui. Mais pour n’être que relative, la vérité ne doit-elle pas demeurer ce qu’elle a toujours été : une valeur ? Que resterait-il de la confiance, la sincérité, l’honnêteté, toutes choses essentielles dans les relations humaines, si disparaissait l’exigence de vérité ? Si pour chacun de nous, tout n’était que mensonge et illusion ?

On en vient à penser qu’il faut toujours être attentif aux mots. La notion de « post-vérité » n’est-elle pas en soi un outil de manipulation ? Ne s’agit-il pas de faire croire que nous en avons terminé avec la vérité, qu’il n’est plus requis, plus même permis, de la désirer, de la chercher, la défendre et, surtout, de la dire ? Menace d’un relativisme délétère, propre à favoriser toutes les formes d’oppression…

* Agrégée et Docteur en philosophie, Sylvie Peyturaux enseigne en Classes préparatoires aux Grandes Écoles.

DOSSIER – Vérité / Post-vérité


Court Dialogue entre la Vérité et la Post-vérité
Gilles D. Perez………………………………………………………………..9

Pré-histoire de la post-vérité
Éric Benoit………………………………………………………………….. 13

Witkacy, prophète de la post-vérité ? Drogue, propagande
et falsification du réel dans L’inassouvissement

Charles Garatynski………………………………………………………. 33

Fausseté de la « post-vérité »
Christian Cavaillé………………………………………………………… 47

L’autorité du faux : images animées,
IA et vérités sensibles (de Méliès à l’algorithme)

Déborah Winterstein-Graciani……………………………………….. 57

Qui continue à chercher la vérité ?
Maria Ibrahim…………………………………………………………….. 69

F. for Fake (Vérités et mensonges) d’Orson Welles
Anne-Marie Baron………………………………………………………..87

La vérité désarmée : Camus, Orwell
et la résistance du langage à l’ère du mensonge

Jérôme Constantin……………………………………………………….. 91

Hurlevent d’Emerald Fennell.
Réflexions sur une adaptation

Anne-Marie Baron……………………………………………………… 101

Vérité filtrée : le regard sous influence
Déborah Winterstein-Graciani……………………………………… 105

Une vision de l’unité humaine :
Antoine de Saint-Exupéry

Jean-Bernard Jolly………………………………………………………..111

La revue n°192 est disponible en version papier et en version numérique
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